ASSOCIATION
VAINCRE LE BÉGAIEMENT

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Mon enfant paraît bégayer

Le bégaiement chez l’enfant

Au moment où la plupart des enfants débutent leur apprentissage du langage, des modifications importantes se produisent. Ce développement est à la fois complexe et difficile. Les enfants peuvent répéter des mots ou des phrases ou utiliser plusieurs “euh” ou “et” en formulant une phrase. A ce stade du développement chez l’enfant, ce type de comportement est normal.

Si l'un des parents bégaie lui-même, veillez à nous en informer quand vous nous contactez.

De nombreux enfants présentent pendant cette période des troubles du flux verbal : ils répètent, entre autres, des sons, des syllabes, des mots. Ces défauts d'élocution disparaissent normalement après quelques temps. Cependant, dans une minorité de cas, il s'agit effectivement de bégaiement.

Lorsque l’enfant prend l’habitude de prolonger des sons, qu'il est à bout de souffle en plein milieu d’une phrase, qu’il semble incapable de produire certains sons ou lorsqu’il répète un son initial, un mot ou une phrase, il est permis alors de penser qu’il  commence à bégayer. Cela débute habituellement entre l’âge de deux ans et demi et de sept ans.


C’est lorsque ces troubles du langage deviennent une habitude, accompagnés par des comportements associés (grimace faciale ou mouvement de la main ou du bras par exemple), lorsqu’il y a de la crainte et de l’anxiété associées à la difficulté d’élocution, quand l’acte de parler devient une lutte pour l’enfant, alors vous pouvez penser que l’enfant bégaie. Vous pouvez dès lors réfléchir sur les actions qui doivent être entreprises.

Avant tout, ne vous faites pas de reproches parce que votre enfant bégaie. Ce n’est pas de votre faute. Le déclenchement du bégaiement est le résultat de plusieurs facteurs sur lesquels les enfants et les adultes ont peu ou pas de contrôle. Personne n’est à blâmer pour ce problème.

L'enfant qui bégaie a souvent le sentiment que son bégaiement est l’aspect le plus important de sa personnalité et que c’est l’unique chose que les autres remarquent. Par conséquent les parents et toutes les personnes qui entourent l’enfant doivent lui faire comprendre que le bégaiement est un problème qui affecte l’enfant, autrement dit c'est quelque chose que l’enfant fait et non pas ce qu’il est !

Quant à l'origine du bégaiement, les théories avancent principalement des causes d'ordre psychologique, voire génétique ou physiologique. Notre association n'a pas pour objet de crédibiliser une théorie plutôt qu'une autre. Nous retiendrons uniquement que les causes sont différentes pour chacun et que chaque cas est particulier.

On constate que les garçons sont quatre fois plus touchés par le bégaiement
que les filles .

Il n’y a rarement qu’un seul facteur contributif au degré de bégaiement manifesté par votre enfant. Parmi les facteurs qui ont une influence considérable sur l'évolution et la sévérité du bégaiement chez l’enfant, mentionnons la réaction de son entourage face à son bégaiement et l’environnement dans lequel l'enfant évolue lorsque débute son bégaiement.

Il se peut que votre enfant puisse “surmonter” cette difficulté ou que le bégaiement disparaisse dans la petite enfance, mais vous auriez tort de laisser le doute subsister à ce sujet. Plusieurs pédiatres vous diront peut-être “d’ignorer” cela, que “ça disparaîtra avec le temps”... Nous savons que ce n’est pas toujours le cas lorsque votre enfant a un comportement de lutte.

Comment réagir ?  

Essayez d’imaginer la perception que votre enfant peut avoir face à son bégaiement. Mettez-vous à sa place lorsque se manifeste le bégaiement. Que ressentiriez-vous, que penseriez-vous ? Quelle serait la réaction que vous anticiperiez chez les autres ?

Témoignage d’une personne qui a partagé avec nous ses souvenirs d’enfance :
“Ce qui pour les autres enfants constituaient une tâche facile (raconter leur journée), représentait pour moi une expérience traumatisante. J’étais incapable de m’exprimer, je luttais avec les mots. A l’école, j’avais peur de poser une question. Le simple fait de répondre à l’appel des présents n’était pas facile pour moi. Certains enfants se moquaient de moi. A la maison, j’étais incapable de demander ce que je voulais. Je finissais par recevoir une orange alors que je désirais une banane, et cela parce que mes parents ne voulaient pas attendre que j’ai complété ma phrase. A l'extérieur (à l'école, en jouant avec mes amis) je devais demander à d’autres de parler pour moi. Ces comportements ne faisaient qu’amplifier mon inquiétude au sujet de mon bégaiement. Je suis d’ailleurs toujours angoissé à l'idée de dire des choses peu intelligentes. Ne serais-je jamais capable de parler par moi-même ? Ne serais-je jamais capable d’exprimer ma propre personnalité ? ”

Etre parent est une tâche difficile. Etre parent d’un enfant ayant un handicap rend la tâche encore plus ardue. Vous devez savoir composer avec un enfant qui peut être contrarié, qui peut faire rire de lui et qui est souvent incapable d’exprimer facilement ce qu’il ressent ou ce qu’il désire. Vous devez également savoir contrôler vos émotions personnelles lorsque les sentiments d’anxiété, de culpabilité ou d’irritation surviennent.  Tout comme votre désir de prétendre que ceci n’arrive pas ou que cela cessera bientôt.
Vous pouvez aussi être embarrassé, triste ou frustré devant l’incapacité de votre enfant à accomplir ce qui, pour vous, est un acte des plus élémentaires. Ce sont là des sentiments que plusieurs parents nous ont témoignés. Il nous est pénible d’observer qu’un être qui nous est cher connaît de telles difficultés. Vous pouvez également faire l’objet de pressions de la part d’autres membres de la famille, de voisins, d'enseignants sur les actions à entreprendre. Vous pouvez vous sentir confus et délaissé.

Que pouvez-vous faire ?

Vous n’êtes pas seul(e) devant ce problème. Vous trouverez de l'aide auprès de l’Association Vaincre le Bégaiement (AVB). Nous pouvons vous conseiller sur la démarche à suivre et au besoin vous mettre en contact avec des professionnels qui pourront vous guider. Mais comment faire pour savoir si vous avez besoin d’aide ? Comment savoir si votre réaction n’est pas exagérée devant la difficulté d’élocution de votre enfant ? La question que vous devez vous poser est la suivante : ”Mon enfant lutte-t-il désespérément contre quelque chose qu’il ne peut pas contrôler ?“ Si la réponse est positive, alors nous vous conseillons de nous contacter. Néanmoins, vous pouvez déjà vous inspirer des premiers conseils suivants :

Si votre enfant a entre deux ans et demi et quatre ans, il est au début de sa phase de création de la parole. S'il ne répète que quelques syllabes mais qu'il n'y a pas de tension associée (crispation des yeux ou du visage, mouvement incontrôlé d’un membre ou du corps), il se peut que ce ne soit pas du bégaiement mais seulement du bégaillage : évitez alors de pointer un problème qui n'en est pas un pour l'enfant. Ne lui montrez pas que vous êtes inquiet ou tendu ; sinon, il pourrait penser qu'il fait quelque chose de mal en parlant. Parlez lui vous même (ainsi que son entourage) calmement et il adoptera naturellement votre façon de parler. Si l’un des parents bégaie lui-même, veillez à nous en informer quand vous nous contactez.

Si votre enfant a entre quatre et huit ans et s'il a du mal à sortir les mots vous pouvez déjà agir dans le cercle familial en adoptant des attitudes qui laissent l'enfant s'exprimer à son aise quand il en a envie tout en ne lui demandant pas trop d'effort de parole. Ne terminez pas la phrase à sa place, ne lui demandez surtout pas de répéter constamment. Vous pouvez l'encourager à parler en faisant des petits jeux, en le faisant lire à haute voix (et qu’il y prenne goût) ou en lui faisant jouer de petites scènes de telle sorte qu’il communique sereinement : les chances de résorption du bégaiement sont grandes (75 %) jusqu'à l'âge de sept ans pourvu que celui-ci soit traité judicieusement, les parents étant les meilleurs thérapeutes.

A partir de huit/neuf ans, si le bégaiement persiste, nous pourrons proposer à votre enfant un stage qui lui fasse prendre conscience qu'il peut agir sur sa parole, et prendre plaisir à communiquer. Vous en trouverez une présentation dans la rubrique ‘Maîtriser la parole’ ou en cliquant sur ce lien.
 
Si maintenant vous souhaitez consulter il est impératif de rencontrer un pédopsychiatre ou un orthophoniste qualifié et expérimenté dans le traitement des enfants qui bégaient. Ce praticien pourra travailler avec votre enfant seul ou éventuellement avec vous, vous aidant à créer une atmosphère constructive qui améliorera la fluidité de parole de votre enfant. Sachez cependant que pendant la séance (20 minutes en général), même si votre enfant peut exprimer son ressenti, ce qui peut déjà l'aider, il reçoit des outils qu'il s'agira surtout de mettre en place durant la semaine. En tant que parent, vous devrez y veiller. Nous vous conseillons donc d’assister aux séances car il est essentiel que vous soyez bien informé des différentes aspects pour accompagner la thérapie de votre enfant.


En résumé on constate que rien ne vaut la qualité de l'entourage familial et l'attention que les parents (même si le père, ou plus rarement la mère, bégaie) porteront à leur enfant qui présente des signes de bégaiement. Si ce trouble est bien traité, le bégaiement disparaîtra avant l'âge de sept ans. Cette donnée est constatée par les organismes s'occupant du bégaiement (ELSA, ISA) et par la quasi totalité des experts.

Pour agir au mieux, vous trouverez davantage d’information
(cliquer sur le lien) dans notre livret que pouvez commander et mettre en application les préconisations qui y sont décrites.

Conception : ALYLA